mardi 10 juillet 2012

2012 – Suite du sentier des Huguenots dans la Drôme







Une année peut être terriblement longue quand on est contraint d’attendre quelque chose. Dans mon cas, c’était la suite de ma randonnée sur les pas des Huguenots, un sentier que j’avais découvert l’an dernier et qui m’avait donné envie d’en faire plus. J’ai donc tué le temps de l’attente en racontant mes aventures dans un blog, ma femme en a traduit le texte et l’association Sur les Pas des Huguenots l’a publié sur son site. Entre-temps aussi, le tour-opérateur SAFRANtours, conscient d’une nouvelle tendance, a élaboré un projet de randonnée à étapes d’environ 70 km, qui correspondait assez bien à l'itinéraire que je prévoyais. Il a veillé à ce que nous ayons toujours un hébergement la nuit et à ce que nos bagages soient transportés d’auberge en auberge. Je dis bien « nos » bagages, car cette fois je ne voulais pas marcher seul, mais en compagnie de Rainer, mon ami suisse. Du reste, ce n’est pas le seul service de cette petite société de Mirabel-et-Blacons : il comprend aussi l’organisation de toute notre restauration pendant notre randonnée, y compris les pique-niques pour lesquels nous recevrons cette année une petite surprise en cadeau : un sac à dos isotherme avec ses sachets réfrigérants.

Vendredi 11/05/2012 - Soleil, nuages, léger vent

Je suis arrivé hier par l’autoroute, j’ai d’abord rendu visite à mon ami Johannes Melsen, « l’inventeur » de ce sentier chargé d’histoire, et à son épouse Barbara (en octobre 2010, elle a parcouru toute la partie française du sentier jusqu’à Genève en compagnie de Pascaline Chambart et de ses ânes), retirés dans leur ferme du bout du monde au Poët-Célard*. Le soir, pendant le dîner, j’y ai rencontré le conteur d’histoires Christian Jeanmart, un homme très sympathique avec qui j’ai bavardé jusque tard dans la nuit, avant de me retirer dans ma « suite » personnelle.

* Dans la Drôme, on trouve beaucoup de villages avec « Poët-… » ; ce terme signifierait « colline » ou « petite montagne ».

La nouvelle journée peut commencer. Même mon portable que j’avais égaré je ne sais où – encore une fois, dirait ma Françoise, et elle aurait raison – a fait sa réapparition ce matin, de derrière le siège de la voiture où je l’avais cherché en vain pendant la nuit.

Johannes Melsen m’avait invité aujourd’hui à assister à l’assemblée générale de l’association Sur les Pas des Huguenots à Eurre, près de Crest. Comme beaucoup d’autres communes de la Drôme, celle-ci s’engage dans le développement durable et a conçu tout un quartier selon les principes de construction et d’aménagement de l’habitat écologique (écosite). Entre autres, un petit campus, auquel est rattaché un restaurant. J’ai donc là l’occasion de mettre un visage sur tous ces noms que j’ai rencontrés pendant l’hiver au fil de mes traductions en allemand du site français de l’association. Mis à part les procédures de toute assemblée de ce genre, habituellement plutôt du genre engourdissantes, une présentation Powerpoint excellemment préparée, avec deux interventions, nous conduit à travers l’essentiel de l’histoire du sentier des Huguenots, en intégrant la participation des auditeurs, qui ont la possibilité de prendre la parole.

Après le travail, un repas attend les soixante ventres creux à nourrir et cause quelques problèmes de logistique à la pauvre restauratrice. Puis, en route vers la ville fortifiée de Die, où mon ami Rainer de Zurich va me rejoindre. Il arrive juste à l’hôtel La petite Auberge, où nous allons passer les deux prochaines nuits, quand je suis en train d’écrire mon journal. Grandes retrouvailles, installation à l’hôtel ... mais que faire maintenant du reste de la journée ?

La ville de Die, dont l’histoire remonte à plus de 2 000 ans, a du nouveau à proposer : pour promouvoir et valoriser la Clairette de Die, son produit phare connu dans toute la France, elle a créé un festival d’humour musical inédit, Les Espiègleries. Il commence aujourd’hui, mais en marchant à travers la vieille ville, nous ne remarquons tout d’abord rien. Silence de mort, les vieilles ruelles entrelacées sont désertes – et il n’est que 21 heures ! Tous les rideaux de fer sont fermés. Ce n’est qu’à l’autre bout du village seulement qu’apparaît une place où sont plantées de nombreuses tentes, prometteuses d'activité. Pourtant, bis repetita : encore un désert total, des stands occupés par un personnel amorphe et las, puis, enfin, une tente avec une scène... mais inoccupée. On nous explique qu'il va se passer quelque chose vers 23 heures, pour l'instant c'est le chanteur Sanseverino qui est à l’affiche dans une autre tente. J'ai toujours rêvé de voir un jour ce chanteur multitalent sur scène, lui et ses textes de génie, ses tangos, sa musique mi-tzigane, mi-jazz manouche. Malheureusement, on nous refuse l’entrée, car le spectacle est déjà complet depuis une semaine. Une seconde de réflexion : et si on faisait comme dans notre jeunesse et qu’on se faufilait sous la tente en passant sur le côté ? Raté.

Dehors, les derniers rescapés de la fête de la journée mâchonnent leur pizza ou leur saucisse à la lueur d'un pâle éclairage. Alors, on s'en va...

Samedi, 12/05/2012 - Soleil et nuages

Quelle différence ! Nos avions déjà décidé en amont de passer cette journée à visiter Die et la localité se montre aujourd’hui sous son meilleur jour. Beaucoup d’animation dans les rues, un marché tout autour de la cathédrale Notre-Dame, avec la profusion habituelle de produits régionaux. Le son assourdissant d’un orchestre d’instruments à vent fait se retourner tous les passants : un groupe de musiciens ma foi plus très jeunes se démène et s’agite en balançant les instruments dans tous les sens, produisant ce qu’il pense être un spectacle divertissant – mais aucune trace de mélodie perceptible. Et pourtant, une foule grandissante se rassemble autour d’eux, le groupe « assiège » une femme qui se laisse submerger de sons et qui sombre avec un sourire béat dans cette cacophonie. Les musiciens maintenant déchaînés montent sur les chaises et bientôt sur les tables des bistrots environnants...
Nous poursuivons notre chemin. Un stand de producteurs de Clairette, pittoresquement entouré de membres de la Confrérie des Compagnons de la Clairette nous invite à nous arrêter. Nous apprenons toutes sortes de choses basiques et d’autres spécifiques sur la Clairette (un vin mousseux doux) et le Crémant (brut) et, bien sûr, nous pouvons les déguster.
Mais il y a encore beaucoup de choses à découvrir à Die, donc direction l’Office de Tourisme pour recueillir de bons tuyaux et convenir d’une visite guidée de la Mosaïque des 4 fleuves, en guise de « cerise sur le gâteau ».

Mais le programme obligatoire veut d’abord que nous fassions le tour des remparts de la fortification, datant en partie de l’époque gallo-romaine. Partis de la Porte Saint-Marcel, la seule porte qui reste de l’ancienne cité, nous gagnons vite en altitude et cherchons en vain un accès à la ville fortifiée, contraints pour finir de nous rendre à l’évidence : côté ville, les constructions ont envahi cette zone et la forteresse en elle-même n'existe plus. Pour la joie de ceux qui ont pu s’assurer à temps ces terrains au plus haut sommet de l’intra-muros.



Toujours sur le chemin de ronde que nous faisons sur les remparts de la ville, nous découvrons sans cesse des pans de murs détachés, derrière lesquels on peut voir du matériel de construction datant d'époques reculées, que l’on a sans doute utilisé dans l’urgence en remploi pour combler les courtines : fragments de colonnes romaines, frises sculptées de maisons,... Sans aucun doute une torture pour les historiens, obligés de choisir entre la conservation de la muraille ou des fouilles à la recherche de témoignages d’époques anciennes.


Voici qu’un appel me parvient sur mon portable de Paul Zeller, habitant bien connu à Die et ancien directeur de l’Office de tourisme, auquel j’ai eu plusieurs fois à faire pour la traduction du site des Huguenots : il a une petite heure de libre pour bavarder et vient nous raconter tout un tas de choses sur sa ville dans un « p’tit café . Ensuite, nous poursuivons en direction d'un magasin de sport, car Rainer a oublié ses chaussures et ses bâtons de randonnée à Zurich.

Coup d’œil sur l’heure et c’est le choc : nous avons loupé notre rendez-vous avec notre guide (que nous appelons entre nous « Nathalie » en référence à Gilbert Bécaud). Donc vite à la voiture, puis retour en catastrophe dans le centre, vite un parking et petite course au pas de gymnastique jusqu’à l’office de tourisme : « Nathalie » est encore là, nous sommes les seuls clients. Un peu hésitante au début, puis très engagée tout de même par la suite, elle nous conduit jusqu'à l’ancien palais épiscopal de Die, aujourd'hui entièrement désaffecté, et, par un escalier latéral, nous montons jusqu’à l’ancienne chapelle épiscopale, dont le sol arbore la célèbre mosaïque des quatre fleuves, datant vraisemblablement du XIIe siècle.


Le médaillon central est une étoile entourée de l’univers connu à cette époque. De la zone centrale partent les quatre fleuves du paradis terrestre, jaillissant des gueules ouvertes de têtes de taureaux aux traits humains, et nous pouvons y déchiffrer les noms de l’Euphrate et du Tigre. Les fleuves s’écoulent vers les angles de la mosaïque ; la Terre, l’Air et l’Eau forment chacun un décor et de nombreux autres sujets sont représentés par des outils de toutes sortes. Tout cela réalisé dans un travail extrêmement fin et actuellement conservé dans ce lieu avec le plus grand soin, après avoir servi au gré du temps de salle d’audience ou de salle de cérémonie pour les mariages. Les murs sont tendus de papiers peints décorés de guirlandes et de personnages, réalisés à Paris au XVIIIe siècle et que l’on n’a pu sauver qu’à grand-peine de la rage collectionneuse du gouvernement parisien. On y voit aussi quelques fresques.

Malheureusement, le temps de la visite guidée ne suffit plus pour voir le temple protestant, une ancienne chapelle des Jésuites qui changea souvent de propriétaire pendant la période troublée des guerres de religion, et qui possède deux très beaux vantaux de portes sculptés. Nous prenons congé de « Nathalie », la journée de demain va être dure.

De toute façon, Die aurait encore bien plus à nous montrer que ce que nous permet notre « créneau horaire » d’aujourd’hui. Son origine remonte au peuple des Voconces (en lat. Vocontii) et la localité fut un lieu de culte à la déesse celte Andarta et Dea Augusta Vocontiorum est le nom antique de Die. Son développement s’est accompagné de nombreux évènements, dont bien sûr, puisque nous parlons ici du sentier des Huguenots, la réforme protestante du XVIe, qui a été d’une importance primordiale. En 1562, la majorité de la population de Die et de ses alentours se rallie à la réforme protestante ; elle sera suivie de nombreuses guerres menées « au nom du Seigneur », qui font tomber la ville entre les mains tantôt des uns, tantôt des autres. Au XVIIe siècle, pendant l’Édit de Nantes, on y voit naître une académie protestante qui attire des étudiants de toute la France, de Suisse, d’Italie et d’Écosse. On leur enseigne le latin, le grec, l'hébreu, la rhétorique, la philosophie et la théologie. Pourtant, ici comme ailleurs, la révocation de l’Édit de Nantes par Louis XIV signe la fin de la tolérance : les « Dragonnades » (nom donné alors aux persécutions) et la fuite dans les pays d’exil commencent.


Il est encore trop tôt pour le dîner. Nous en profitons pour faire une petite virée dans l’une des vallées latérales du Vercors et, à Saint-Julien-en-Quint, nous découvrons un spectacle naturel peu commun : des hauteurs du plateau du Vercors, une couche épaisse de nuages se déroule devant un ciel d'un bleu acier comme une chute d'eau au-dessus des pentes escarpées qui se dressent en demi-cercle autour du village. Elle se désintègre entièrement au bout de cent mètres, sans laisser la moindre trace. Nous faisons des photos, mais ici, on aurait plutôt besoin d’une caméra pour fixer ce tableau exceptionnel.
Dimanche 13/05/2012 - Soleil
Die > Châtillon-en-Diois – 18,4 km
Base : 300 m – Point culminant : 1 400 m – Dénivelé total : 1 400 m

Pour ceux qui préfèrent la pure randonnée, SAFRANtours avait prévu pour hier une petite randonnée de 14 km sur les hauteurs environnantes pour se mettre « dans le bain ». Nous l’avons sacrifié sur l’autel de la culture et de notre curiosité. Une erreur gravissime, comme nous le constaterons vers 16 h lorsque, faute de préparation suffisante, je suis étalé de tout mon long sur le chemin en pente raide qui monte au Col des Caux, troisième de cette journée au dénivelé total de 1 400 m, et que je happe l’air comme un poisson hors de l’eau.

Nous sommes partis de Die vers 9 heures, en route pour nos 18,4 km de randonnée de Die à Châtillon-en-Diois, en passant par Valcroissant. Nous avons marché à mon rythme habituel « de plaine », mais pas pour longtemps. Le chemin qui mène au Pas de Bret monte déjà à 958 m sur une distance de 4,5 km. C’est un sentier de grande randonnée (GR) qui traverse une forêt de hêtres, plus tard une forêt de pins sylvestres – avec panorama sur Die – puis qui descend ensuite vers la première étape, l’ancienne Abbaye de Valcroissant, aujourd’hui exploitation forestière.

Nous n’avons pas choisi le bon jour pour la visiter. À cette saison, les visites guidées ne sont possibles que le samedi. Le lieu n'entre même pas en ligne de compte pour faire une pause et y loger, car Valcroissant, à en croire SAFRANtours, ne rentre pas dans le cadre de leurs hébergements privilégiés – ce qui me serait parfaitement égal, en tout cas au plus tard à 16 h !

Nous continuons notre route, toujours trop vite pour cette étape, cherchons notre chemin à travers une zone de marnes, savourons notre pique-nique, passons le Col de l’Abbaye. Nous reperdons alors de la hauteur jusque dans la vallée, avant la dernière montée. C’est maintenant que je remarque tout de même mes 76 ans, je ne regarde plus qu'à peine les magnifiques points de vue sur les vallées environnantes, mon regard reste obstinément collé au sentier qui semble mener sans fin jusqu'au ciel. Deux cents mètres avant le col, mes jambes me lâchent – donc pause obligatoire. Pour le reste de la montée, Rainer prend en charge mon sac à dos (ses 5 ans de moins et l'expérience des Alpes font la différence !) et vers 17 h 30, nous arrivons à Châtillon. Avec une heure et demie de retard sur le temps annoncé. Entre-temps, mes genoux aussi sont douloureux du fait de la descente.

Notre Hôtel du Dauphiné nous dédommage enfin des affres de la journée que nous avons abordées sans préparation suffisante. Accueillis par la propriétaire, une femme mince, aux cheveux gris coupés courts et lunettes à monture invisible. Sa présence est comme un peu déplacée ici et nous apprenons bientôt qu'elle est venue s'installer ici avec son mari il y a sept ans seulement et que nous l’avions tous deux estimée 10 ans plus jeune. Deux panachés offerts par la gentille maîtresse de maison nous désaltèrent un peu. Aujourd’hui, il n’y a pas de dîner, le dimanche soir est jour de repos. Après l’installation dans les chambres et abondants soins des pieds, nous faisons un tour dans le village jusqu’à la Tour de l’Horloge que précède une fontaine, un peu plus loin le Temple, un ouvrage sobre construit en 1792 pour remplacer l’ancienne église protestante du XVIIe siècle. Nous nous dirigeons ensuite directement vers le Café de la Mairie, où notre repas a été réservé pour aujourd’hui.
 
Un garçon dynamique et moderne en chemise grise et pantalon noir nous conduit à notre table. Ensuite, le chef nous fait la surprise, contrairement au menu prévu, de nous servir toute une série de spécialités culinaires que nous n’aurions pas espéré trouver ici « au bout du monde » : rillettes de saumon, souris d’agneau ou filet de poisson avec légumes variés, dessert de marrons ou tarte au pommes avec glace à la vanille - excellent... À la table voisine, deux randonneurs de notre hôtel. En face, un couple d’un certain âge à court de sujets de conversation depuis une éternité. Madame cherche à accrocher un regard, mais n’ose pas nous parler.

Appel sur mon portable...
« Tu n’as rien oublié par hasard ? J'ai déjà appelé trois fois, mais personne ne répond ! »

Mon appel pour son anniversaire ! Le misérable téléphone est resté toute la journée dans mon sac à dos, où personne ne peut l’entendre. Je fais le penaud et souhaite encore beaucoup de bons anniversaires (que j’oublierai sans doute aussi régulièrement !). Sauvé encore une fois. Vers 22 h 30, nous nous faufilons dans notre hôtel endormi par une entrée latérale. Il est temps de reprendre des forces.


Lundi 14/05/2012 Soleil
Boucle autour de Châtillon-en-Diois – 10,6 km
Base 570 m – Point culminant 860 m – Dénivelé total : 400 m

8 h 30 petit-déjeuner ; d’autres randonneurs sont déjà à table ou sur le départ. Aujourd’hui, nous ne sommes pas pressés. Pour nous reposer, SAFRAN a prévu une boucle partant de Châtillon qui nous conduira à mi-hauteur du massif du Glandasse, vers Saint-Roman, puis nous ramènera à travers champs. Je me sens de nouveau en forme, donc allons-y.

Aucune eau potable, tous les magasins sont encore fermés. Même l’office du tourisme n’ouvre qu’à 10 heures. Sur notre parcours d’aujourd’hui, nous retrouvons un peu plus haut la Place de la Mairie, mais rien là non plus, pas même une petite épicerie. Je demande à un groupe de gens du pays qui prennent leur premier petit café dans notre restaurant de la veille au soir et là, enfin, on nous indique où trouver le liquide indispensable. Un doigt goguenard pointé sur la fontaine qui jaillit vers les quatre points cardinaux sur la place – oui, oui, de l’eau potable... Mais faudrait-il encore avoir des bouteilles !
L'un des gens du pays se lève, traverse la rue sans dire un mot et se dirige vers sa maison, d’où il ressort un peu plus tard avec deux bouteilles en plastique. Ah, ces touristes...

Nous démarrons – et au prochain coin de rue, nous prenons un jardin aménagé de façon un peu étrange pour le cimetière où nous devons prendre à droite. Nous tournons à droite et nous escaladons résolument le chemin en zigzag qui se présente devant nous. Au bout d’une demi-heure, nous voilà sûrs de nous être trompés, le chemin se dirige de plus en plus dans la direction nord-nord-est, alors que Saint-Roman, d’après la carte, se trouve nettement à l’ouest. Retour à la case départ, prendre à droite et au bout de 100 mètres, voici le « vrai » cimetière qui apparaît devant nous dans toute sa splendeur. Voilà donc déjà un bon kilomètre de fait « pour la détente ». Nous suivons désormais les indications de notre guide de randonnée avec plus d’attention et à la Clue du Suel, nous trouvons donc la bifurcation à gauche qui passe par le gué indiqué et c’est de nouveau la montée. 


La pente est moins forte ; à partir de 860 m d'altitude, le sentier suit un tracé horizontal longeant les Balcons de Glandasse, sous les falaises abruptes. Avec un panorama grandiose sur la vallée et jusqu'au loin sur le Massif des Baronnies.

Il est temps pour nous de déguster le pique-nique que notre hôte nous a préparé avec soin, dans l’excès comme toujours. Ici, comme nous l’avons déjà constaté ailleurs dans la Drôme, les produits sont issus des exploitations agricoles environnantes et la prédilection du chef cuisinier pour l’emploi généreux de fines herbes et d’épices ne passe pas inaperçue... mais appétissant et intéressant. Pour ceux qui pensent que la randonnée n’est pas tout : pâté de foie aux fines herbes – salade de riz aux légumes, parfumée au coriandre et aux épices, petits pains complets – tarte aux noix et au praliné...

De là, le chemin ne va pas cesser de descendre, plus ou moins à pic, et au bout de quelques kilomètres, mes genoux recommencent à se révolter. Je ne peux que conseiller aux randonneurs de mon âge qui suivent le sentier des Huguenots (ou un autre) de ne renoncer en aucun cas aux bâtons de randonnée réglables tellement à la mode actuellement. Ils aident bien à pousser pour la montée et à amortir les chocs les plus brutaux dans les descentes.

Dans la chaleur de midi, Saint-Roman prend des airs de hameau endormi et nous ne nous y arrêtons que brièvement. Ensuite, c’est le chemin du retour à travers la plaine parsemée de cabanes (abris en pierres sèches) et couverte de cultures viticoles. Ici et là, apparaissent déjà les premières plantations de noyers, avec leurs étranges plaques de lichens jaune orangé sur les branches, où les premières feuilles commencent à apparaître timidement. Nous faisons les touts derniers cent ou deux cents mètres sur la départementale 539, et nous sommes de retour à Châtillon, avec un panaché bien mérité qui pétille sur la langue.
La douche incontournable en haut dans la chambre rénovée et sobrement meublée, pose de gros problèmes logistiques dans le déroulement de sa procédure : pas de cabine, pas de rideau de douche, un bac pur et simple, entouré de serviettes de toilette roulées pour parer aux inondations des plus maladroits. L’entraînement porte ses fruits, le deuxième soir j’ai déjà une bonne routine.

Je me frictionne les genoux, puis je descend dîner. Ce soir, c’est le maître de maison, genre beau gosse italien, barbe de 3 jours, qui nous a reçu et qui tient maintenant le rôle de chef cuisinier, chargé du plaisir de nos papilles. Nous prenons le menu tel que prévu : cassoulet de coquilles Saint-Jacques, ravioles au citron et à la ciboulette, faisselle au pavot ou assiette de fromages, cœur fondant pour moi, vacherin pour Rainer.

Il ne nous est resté que peu de temps pour voir Châtillon d’un peu plus près, bien que le guide signale que la ville a bien des choses à proposer. Comme Die, Châtillon-en-Diois a été fondée à l’époque gallo-romaine et en 1239, elle comptait déjà 1 500 habitants intra-muros. L’année 1561 marque la naissance de l’Église réformée, la moitié des habitants se rallient à cette religion. Plus tard, lors de la révocation de l’Édit de Nantes, le château est détruit pour empêcher les protestants de s’y retrancher. Beaucoup s’enfuient vers le Nord, en Suisse et en Allemagne. Par la suite, on voit également disparaître les remparts de la ville qui protégeaient les ruelles tortueuses avec leurs maisons serrées les unes contre les autres. Des maisons qui ont parfois la particularité d’avoir un escalier extérieur pour accéder au premier étage et au-dessous duquel se trouvait autrefois l’entrée de la soue à cochons. Nous n’avons vu aussi la Tour de l’horloge que de l’extérieur, mais ce n’est peut-être pas la dernière fois, espérons-le, que nous arpentons ce sentier.

Je me fais tout de même un peu de souci en pensant à la journée de demain : le plan prévoit deux itinéraires vers Les Nonières au pied du Col de Menée, l'un de 17 km à travers le cirque d'Archiane, qui longe des falaises abruptes déclinant des tons d’ocre, de rose ou de gris, ponctué d’aiguilles et de dômes dentelés, où l’on peut reconnaître d’une manière tout à fait impressionnante la formation de cette montagne à partir de l’ancien fond marin et de sa sédimentation. Cet itinéraire mène directement aux Nonières, en contournant la localité de Menée et en passant par Bénevise. L’autre itinéraire fait 11 km et descend en zigzag à Menée et passe par Bénevise pour remonter de l’autre côté vers Les Nonières.
Le dénivelé est de 1 250 m dans les deux cas, et les expériences faites jusqu'ici me disent que je vais peut-être « casser la baraque » à mon ami Rainer. Je me fais donc du souci.

Mardi 15/05/2012 – Soleil et nuages
Châtillon-en-Diois > Les Nonières – 17,3 km
Base 570 m – Point culminant 1 150 m – Dénivelé total 1 250 m

Dehors, devant la fenêtre, les premiers bruits de la journée : Châtillon s’éveille. Boucler les bagages, déposer le tout dans l’entrée derrière la réception – on peut y aller. Contrairement à mes craintes, le traitement a bien marché, je me sens prêt à affronter la journée. À la réception, d’autres randonneurs, plus jeunes, sont prêts à partir, chargés d’énormes sacs à dos. Direction Genève en 5 jours. Eh bien allez-y... !
Depuis la place de la mairie, nous prenons à droite le long de la route bitumée, puis tout de suite une montée raide nous conduit à travers des forêts de hêtres et de pins, jusqu'au col de Gorodel. Compte tenu de l’expérience faite jusqu’ici, notre pas a rétréci entre-temps pour s'établir à une longueur modérée de 30 cm entre l’appui du talon et la pointe du pied arrière, et la raideur du chemin ne pose pas le moindre problème. Trois jeunes femmes nous dépassent à pas rapide. Quand nous arrivons au col de Gorodel, nous les retrouvons encore assises là, à reprendre leur souffle. La vengeance est un plat qui se mange froid...

Ici, comme au début de notre randonnée, nous trouvons partout des amoncellements entiers de gentianes à droite et à gauche du chemin, une fleur devenue rare ailleurs depuis longtemps. Rainer rêve d’une randonnée en automne et d’une abondante récolte de champignons. Pourquoi pas, un jour ou l’autre ?




Nous aurions dû regarder un peu plus haut que le bord du sentier : au bout d'un kilomètre parcouru sur une piste d'abord bien praticable, nous constatons que nous avons raté une bifurcation. Marche arrière – et voilà le panneau, très en hauteur et difficile à voir sur la pente. Encore une montée, puis le sentier redescend légèrement pour traverser une zone de forêt mixte, jusqu’à ce que nous atteignions Menée à la bifurcation du chemin, et que la question se pose une nouvelle fois : le long ou le court ? Vu le temps que nous avons perdu, le court l'emporte, mais avec la promesse intérieure de refaire un beau jour le cirque d'Archiane. Descente en zigzag, plus facile que je ne pensais et vers midi, nous sommes en bas.


Nous retrouvons l’un de nos pique-niques inimitables, puis c’est l’attaque de la montagne où le village de Bénevise mène son existence paisible entre les prairies d’alpage. Une montagne devant laquelle le Créateur a placé quelques obstacles : montée raide, encore une et encore une, alors que l’on croit déjà être en haut – et tout à coup, nous l’avons presque dépassée avant de nous en être vraiment aperçus. Après un petit bout de route nationale et un dernier raccourci à pic vers le bas, le beau hameau des Nonières s’étale devant nous. Cadre champêtre idyllique, troupeau de chèvres...


... et juste après, un hôtel tout à fait inattendu ici et appelé Le Mont Barral, du nom de la pointe qui domine le coin. Un vieux bâtiment rénové, avec une grande annexe et une immense salle à manger. Une thaïlandaise nous accueille... en ANGLAIS et nous conduit à l’étage. Chambres modernes avec douche, WC et balcon. Rainer découvre même que la cuvette des WC vient de Suisse. Ce confort nous convient bien et quelques instants plus tard, nous sommes allongés sur nos lits et laissons défiler les évènements de la journée dans nos têtes. Dehors, le ciel s’est entre-temps couvert de nuages noirs et nous avons bientôt fort à faire pour sauver de l’averse nos affaires suspendues sur le balcon pour cause d'aération. Le portable de Rainer fait des caprices, car il a rentré la carte SIM sans son cadre et maintenant, elle ne veut plus sortir. Il essaie de la repêcher avec toutes sortes d’outils et enfin, elle se positionne correctement à l’intérieur – mais ne veut tout de même pas fonctionner.

Le dîner qui était réservé pour nous aujourd'hui est plutôt du genre « cuisine internationale » : assiette de hors-d'œuvre sur plateau d'ardoise, côtelette de porc sauce moutarde aux légumes ; quant au dessert, j'ai oublié ce que c’était, ce ne devait donc pas être bien folichon...

Mercredi 16/05/2012 Nuages déchaînés venant de l’est, froid
Les Nonières > Col de Menée
Base 865 m – Point culminant 1 460 m – Dénivelé total : 595 m

Dernier jour. Deux randonneurs tournent en rond sur la piste qui mène au Col de Menée et cherchent l’accès à leur itinéraire sur l’une des montagnes environnantes. Nous le trouvons ensemble et nous entamons la dernière étape de notre aventure, le sentier qui mène au col cité plus haut, qui ne figurait pas dans le plan de SAFRAN, mais que l’on trouve facilement avec le guide publié par l’association Sur les Pas des Huguenots.

Un petit bout de route, qui se transforme bientôt en piste, puis à gauche c’est l’accès à l’univers de la montagne, dont les sommets arrondis nous menacent au-dessus de nos têtes. C’est là-haut qu’est notre but. Au bord du chemin, nous retrouvons des gentianes en quantité incroyable, du jamais vu jusqu’ici.
Sur la droite, la cascade du Sapet, puis le sentier coupe les boucles de la route du col, ensuite – après la Ferme du Désert, que nous ne trouvons pas – il passe par des alpages, longe une ferme abandonnée et des squelettes d’agneaux tués par des prédateurs, pour déboucher de nouveau dans une forêt de feuillus. Ici, la neige de la nuit est restée sur le sol et l’air devient glacial. En haut, une barrière à claire-voie, de nouveaux alpages et ainsi de suite jusqu’à environ 1 450 m d’altitude, où le vent nous pousse presque à la renverse et où l’herbe même n’ose pratiquement plus pousser. Température : zéro degré.


Les pulls emmenés par précaution s’avèrent bien trop fins. Enfin, devant nous, le sentier tant attendu qui descend à gauche vers le col ; pour arriver jusque-là, nous avons dû grimper un versant et redescendre par un autre pour parvenir à la hauteur du col. Entre les deux, une combe.

Au niveau du col, un vent violent venant du tunnel qui mène de l’autre côté hurle à notre rencontre. Il étouffe dans l’œuf tout désir de regarder en bas dans la vallée du Trièves ou de grimper jusqu’à la croix du sommet. Sous le dôme, à l’abri du vent, nous déballons notre pique-nique, tout en constatant que nous avons encore 4 heures avant que le taxi commandé vienne nous chercher ici. La décision est unanime : nous allons plutôt faire les 10 kilomètres à pied sur la D120 pour descendre et, effectivement, nous sommes revenus à l'hôtel bien avant le taxi.
En chemin, nous avons rencontré un couple d'Allemands accompagné d'un mini-chien qui les suit en portant avec fierté un morceau de branche d’un mètre et demi de long et ne le rendrait pour rien au monde.



On me demande souvent si ce sentier des Huguenots est vraiment historiquement attesté et peut-être devrais-je profiter de cette occasion pour répondre de manière plus exhaustive. Il est sûr que depuis les Cathares ou les Albigeois au XIIe siècle, les dissidents ont été considérés comme des hérétiques par l'Église catholique et poursuivis. Ce fut donc le cas aussi pour les Vaudois au XVIe siècle et enfin pour les protestants au XVIIe siècle. Étant donné que sur le territoire de la Drôme, de Dieulefit, Die et autres localités du Diois jusqu’à Genève, de grandes parties de la population s’étaient converties au protestantisme, les fugitifs qui étaient sur le chemin de l’exil après la révocation de l’Édit de Nantes ont dû se sentir à peu près sûrs d’échapper aux persécutions sur cette route menant au « Refuge » et de pouvoir compter sur l’aide de leurs coreligionnaires.

Les signes de reconnaissance sur les murs des maisons et les « méreaux »** leur servaient à s’identifier et les préservaient de mauvaises surprises. Ils marchaient autant que possible la nuit. Aujourd’hui, à la montée du col, nous n’avions pas grand-mal à imaginer ces pauvres gens de l’époque en fuite, mal habillés, lamentablement chaussés, des vieux, des femmes et des enfants, risquant sans cesse de se perdre, de chuter, et tout cela au milieu de la glace et de la neige, dans le froid et sous la pluie. Dans sa petite histoire bilingue (Aller simple ... einfach gehen), Johannes Melsen le décrit très bien en parlant de ce Huguenot qui quitte sa famille et son pays pour explorer le chemin qui mène à une nouvelle vie.

Pour déterminer le tracé actuel du sentier des Huguenots et des Vaudois en France, on a choisi comme références d'une part les lieux qui présentaient un taux de protestants particulièrement élevé, avec des sites d’églises et de chapelles protestantes, des lieux de rencontre secrets (le désert) où les prédicateurs prêchaient le nouveau dogme au risque de leur vie, des endroits où l’on trouve les cimetières privés des Huguenots ; d'autre part, des itinéraires d'exil historiquement attestés, par exemple celui qui passe ici par le Col de Menée, dont le nom d’ailleurs signifie non pas « col de minuit » comme on l'affirme souvent à tort, parce que les fugitifs le passaient la nuit, mais le « col des congères », des menées***.

Voilà pour cette question.
 

** méreau http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9reau 
Au temps de Calvin, les méreaux étaient distribués aux fidèles qui étaient dignes de communier à la Sainte-Cène, d'où la représentation fréquente de la coupe et du pain sur une face. Au XVIIe siècle, au temps des Assemblées « au Désert », ils serviront en outre à admettre sans crainte les assistants inconnus.


*** menée: http://www.ptidico.com/definition/men%C3%A9e.htm
Nom donné, dans la Franche-Comté, à une tourmente se déclarant en hiver, avec un vent du nord glacial, lequel soulève de terre la neige, et la projette, là où elle est arrêtée par quelque obstacle, en glaçons durs et cohérents. Les menées interrompent quelquefois le service des chemins de fer.

Encore un thé en vitesse pour se réchauffer, et déjà le taxi attend devant la porte. Nous chargeons nos bagages et à peine une heure plus tard, nous serons de nouveau à Die, à l'hôtel où nous avons laissé nos voitures pour le temps de notre randonnée. Une petite heure comparée au temps que nous avons mis ces quatre derniers jours...

De Die, nous prenons la route du Col de la Chaudière, que j’ai déjà passé à pied l’année dernière, puis plus tard également en taxi. Après des virages interminables, nous arrivons en haut. Sur le parking stationne un camping-car allemand, devant lequel les propriétaires sont confortablement plongés dans leur repas de midi.
Je montre à Rainer l’accès au sentier à travers le passage de la marne noire. Quelqu’un a déjà arraché un des panneaux de signalisation sur le poteau indicateur du sentier des Huguenots, il ne reste plus qu’un bout du support. J'en prends note pour J. Melsen, puis nous continuons. L’année dernière, le chauffeur de taxi m’avait encore bien fait transpirer avec sa conduite « cool et décontractée » sur cette route. Aujourd’hui, moi-même au volant, les virages étroits qui longent le précipice ne me posent plus de problème. La Chaudière, Bourdeaux, de nombreux souvenirs de ma précédente randonnée me reviennent en mémoire. Au Poët-Célard, nous avons réservé notre hébergement pour cette nuit à l’hôtel-gîte-chambre d’hôtes-camping Le Grand Bois, une ferme tenue par des Hollandais dans un environnement paradisiaque. Nous nous y installons avant d’aller rendre visite à mon ami Johannes.

Barbara est seule à la maison, Johannes est de nouveau en vadrouille pour aller chercher son fils et sa fille à Grenoble. Elle est très contente de pouvoir parler avec Rainer en « schwyzer-dütsch », le dialecte suisse-allemand. Moi, par contre, je suis exclu et ne comprends plus un seul mot. Bientôt, branle-bas de combat devant la maison et trois minutes plus tard, l’immense cuisine est pleine. Joie des retrouvailles, tout le monde a des choses à raconter, puis c’est le moment d’attaquer l’énorme poulet doré et croustillant qui attend dans un four digne d'une cuisine d'hôtel. Johannes parle de ses nouveaux projets de théâtre, ils ont repris un monastère abandonné dans les environs de Die et l’aménagent pour y présenter leurs futures pièces de théâtre et organiser des séminaires. Sur son agenda, il retrouvera bientôt Bruxelles et Amsterdam, plusieurs étapes du sentier seront aussi inaugurées en Allemagne et en Suisse...
Un homme « increvable » et d’une énergie apparemment inépuisable.

Jeudi, 17/05/2012 - Soleil
Hier soir aussi la soirée a été longue. Après tout, c’était notre dernier jour et nous avons dû renoncer avec grand regret à participer encore à une randonnée organisée aujourd’hui pour le grand public avec lecture de textes à différents endroits. Nous avons magnifiquement bien dormi dans des chambres spacieuses, nous avons chargé nos voitures et nous savourons notre copieux petit-déjeuner. Toute une troupe de motards arrive soudain, déjà en tenue de cuir et accoutrés de bandanas et autres foulards. Pour un instant, la salle se transforme en repaire de bikers très bruyant, mais ils repartent bientôt « On the road again », dans le vrombissement de leurs vingt grosses machines. Pour nous aussi, il est temps de prendre le chemin du retour.

Pendant la randonnée, Rainer, que j'avais en mémoire comme un homme très calme, peu loquace, presque taciturne (obligé, pour un voileux originaire de l’Allemagne du Nord !) avait eu soudain mille choses à raconter, il voyait dans la nature et les environs des choses qui échappent à beaucoup d'autres et s'est révélé être le compagnon idéal pour une balade de ce genre. Dès le deuxième jour de la randonnée, il laissait entendre prudemment qu'il pourrait très bien imaginer remettre ça l'année prochaine. Pas besoin de fée Carabosse pour réaliser son vœu...
Un dernier adieu, puis chacun prend le chemin du retour. Rainer vers Zurich, avec ses 650 km de route, moi direction Taradeau dans le Var.

Pour ne pas subir encore une fois la monotonie de l’autoroute et savourer cette semaine de vacances jusqu’à la lie, je préfère traverser le paysage montagneux des Baronnies – oubliant qu’aujourd’hui c’est l’Ascension et que des centaines de milliers de Français, mais aussi de Hollandais, de Belges et d’Allemands font le pont jusqu’à dimanche. Au début, dans la région des Marnes, qui me fascinent tant parce qu’elles transforment des zones entières en paysages lunaires, le trafic est encore convenable. Pourtant, dès avant Sisteron les voitures, camping-cars et autres caravanes font la queue sur des kilomètres. Stop and go. Je me fiche des propositions de mon GPS, qui de toute façon sait bien s'adapter à de nouvelles données, et après avoir jeté un coup d’œil sur ma carte, je prends la première rue latérale qui se présente et j’y trouve un très bon itinéraire parallèle où je peux sans peine garder mes 90 km/h. De temps en temps, j'aperçois au lointain la queue interminable des accros de la route du week-end et je suis plutôt content de mon sort.
À partir de Valensole/Riez, je suis de nouveau « au pays ». Lac de Sainte-Croix, Aups, Lorgues – et voilà. Chez soi aussi, c’est pas mal.


Mercredi, 24/05/2011

Taradeau. Me voilà de nouveau en randonnée avec « mes » chiens de la bergerie voisine. Longueur de pas habituelle de 90 cm, vitesse 6 km/h. C’était quoi déjà ce truc avec jambes lourdes et suffocation... ?

SAFRANtours
Vercors Escapade

Info sur le terme « Poët »

http://www.lepoet-hautes-alpes.com/
Le village du Poët est construit sur le penchant méridional d'une colline de 650 mètres d'altitude, qui sépare la plaine qui porte son nom de celle d'Upaix. De cette colline dérive le nom du village : Podietum , la petite hauteur (diminutif de Podium, montagne en basse latinité), s'est contracté en Poetum et est devenu Poët.

Le Poët-Laval signifie « le petit mont dans la vallée »(pogetum vallis)

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